ACCUEIL

 

 

Articles

LES HUILES ESSENTIELLES
Leur utilisation dans les soins corporels

LA DISTILLATION


Définitions :
Une huile essentielle est un extrait naturel, obtenu par distillation à la vapeur d’eau, de substances aromatiques de plantes ou d’arbres.
Une huile
est une substance, insoluble dans l’eau, d’origine végétale, animale ou minérale, Grasse, elle est liquide à la température ordinaire.
Une essence
(du latin essentia, de esse : être) est une sécrétion naturelle collectée dans des micropoches externes ou internes d’un végétal, d’un minéral ou d’un animal.
Une plante
est une espèce botanique.
On la désigne généralement par son nom latin.
Dans une perspective de distillation, on précisera sa famille, son origine et la partie distillée.
 
PROPRIÉTÉS PHYSIQUES DES HUILES ESSENTIELLES
Les huiles essentielles sont des corps de consistance huile, mais non gras, volatils et odorants, plus ou moins fluides, souvent colorés. Presque toujours plus légers que l'eau, leur volatilité augmente avec la chaleur.
Les huiles essentielles s'enflamment facilement et sont solubles dans l'alcool alors que les solvants et les corps gras sont insolubles dans l'eau.
Avant les années 60, la production des huiles essentielles était surtout orientée vers la parfumerie où seule la valeur olfactive du produit est recherchée. Ce résultat est obtenu en retranchant des huiles essentielles certains composants aromatiques jugés peu agréables à l'odorat et en procédant à des mélanges ou à des adjonctions de produits de synthèse.
En revanche, dans les secteurs médical et périmédical, un produit parfaitement pur et naturel doit être recherche tant dans un but d’efficacité que de préventions d’allergies ou d’intoxications virtuelles.
Dans les soins corporels (hygiène corporelle, esthétique, massothérapie, etc.), le geste pratique technique manuel s’associe à l’application de produits cosmétiques. Aussi, le besoin d'huiles essentielles pures, naturelles, totales et distillées à basse pression, s'est-il affirmé.
 
Commet les huiles essentielles se forment-elles ?
Perspectives hippocratiques.

Dans une perspective hippocratique, l’univers est, notamment, composé de quatre éléments fondamentaux :l ’AIR, le FEU, l' EAU et la TERRE. A partir de ces quatre éléments, les plantes, à la façon de véritables usines miniatures, fabriquent les milliards de tonnes de matière végétale. L'énergie est fournie par le rayonnement solaire.
Au printemps
, les êtres végétaux (plantes et arbres), de terre et de lumière, stimulés par l'énergie solaire, enclenchent le processus de la synthèse chlorophyllienne pour fabriquer une grande variété de substances : des mucilages, des gommes, des corps gras, des acides et des sels de toutes sortes, des oligo-éléments, des vitamines et, ... des huiles essentielles.
Le végétal absorbe le gaz carbonique de l'air dont il en conserve le carbone et en rejette l'oxygène. Il absorbe l'eau de la terre, dont il en conserve l'hydrogène et en rejette l'oxygène. Il opère la synthèse du carbone et de l'hydrogène retenus pour fabriquer la molécule aromatique de base : le terpène-base : C5H8. C’est par multiplication de cette molécule que naîtra la chaîne des terpènes et, par oxydation croissante, celle des molécules aromatiques extrêmement complexes et variées.
Ainsi, une huile essentielle n'est pas composée d'une seule substance chimique facilement identifiable, mais d'un grand nombre de composants aromatiques, qui peuvent aller jusqu'à 250 dans une même huile essentielle. Ces composants sont identifiés au moyen d'une analyse appelée chromatographie.
A l'intérieur d'une même espèce botanique, les composants et leurs pourcentages peuvent varier en fonction de la variété de la plante, de l'époque de récolte, de la pluviométrie, du terroir, etc.
C'est ce qu'on appelle les types chimiques ou chémotypes. La chromatographie permet de déceler les frelatages, notamment l'adjonction de composants de synthèse.
 

 

Les grandes familles de plantes à essences.
Toutes les plantes et tous les arbres ne produisent pas des huiles essentielles.
Celles et ceux qui en fabriquent sont appelles plantes et arbres aromatiques. Ce sont :
- Les conifères : pins, sapins, genévriers, cèdre, thuya ...
- Les labiées : (plantes aromatiques des régions tempérées) thyms, sarriettes, romarin, mélisse, origans, marjolaine, menthes, basilic ...
- Les ombellifères : anis, fenouil, cumin, carvi, carotte, coriandre ...
- Les myrtacées : myrte, eucalyptus, cajeput, niaouli ...
- Les lauracées : laurier, cannelle, camphre, sassafras ...
- Les rutacées : citrons, oranges, pamplemousses, bergamote.
- Les graminées : citronnelle, lemon-grass, palmarosa, vétiver ...
Cette liste n'est pas exhaustive et bien d'autres familles végétales comprennent des plantes et des arbres à essences.
Les huiles essentielles sont stockées par la plante ou l’arbre dans des poches à essences appelées micropoches. Suivant la plante ou l’arbre, leur emplacement varie : feuilles, fleurs, graines, écorce, zeste, bois, racines...
Le pourcentage d'huiles essentielles produites par rapport au poids du végétal distillé varie considérablement d'une variété une autre.
Quelques exemples de rendement en grammes, pour 100 kg de plantes fraîches :
 
- Rose de damas pétales 25
- Mélisse vraie plante fleurie 10
- Fleurs d'oranger (néroli) 70
- Verveine plante 80 à 100
- Basilic plante fleurie 100
- Sarriette plante fleurie 200
- Cyprès branchettes 200
- Estragon plante 300
- Pin sylvestre branche 300
- Thym plante fleurie 300
- Lavande fine hampes fleuries 600 à 800
- Eucalyptus globulus feuilles 800
- Baies de genièvre 800
- Lavandin hampes fleuries 1 500
 
Ces rendements ne sont que des moyennes espérées pouvant varier considérablement. Le distillateur n'est jamais sûr de la quantité d'huile essentielle qu'il va obtenir en fin de campagne de distillation.

Les critères de sélection
Les huiles essentielles, produits actifs, ont la propriété de traverser la peau par osmose. Leur efficacité scientifiquement reconnue est véritable, notamment dans le soins corporels, à la condition d'être parfaitement pures, naturelles et entières.
Pure
Cela signifie que l'origine botanique est certaine et que l'huile n'a pas été mélangée avec une autre.
Exemple : une essence de romarin à laquelle on ajoute du camphre ou de la térébenthine, pour en diminuer le coût, sera naturelle mais pas pure. Elle n'aura pas les effets attribués à l'huile essentielle de romarin et provoquera rougeurs et irritations.
Naturelle
Grâce à la chromatographie, l'industrie chimique a su reconstituer des huiles essentielles de synthèse, d'un prix extrêmement bas. Les molécules aromatiques naturelles sont bien acceptées et assimilées par l'organisme sans difficultés. Ce n'est pas toujours le cas des molécules synthétiques qui peuvent provoquer de graves réactions allergiques.
Entière
Une huile essentielle, produit complexe, agit par effet de synergie de ses différents composants. La clinique a établi que si on extrait, en l’utilisant seul, le composant considéré comme actif, il sera moins efficace que si on l'utilise accompagné de tous les autres. Or, par souci de rentabilité, la distillation destinée à la parfumerie est arrêtée dès que le rendement n'est plus suffisant, pour justifier la poursuite de l'opération.
Exemple : Lors d'une distillation de lavande, 80% de l’huile essentielle est extraite en 20 minutes. L’obtention des 20% restants nécessite la poursuite de la distillation pendant une heure encore. Car, c’est de ces 20% que sont extraits des composants importants comme les coumarines, sédatifs en soins internes, et anti-inflammatoires en soins externes. La distillation doit donc être menée à son terme pour obtenir un produit à effets thérapeutiques maximum, même si le prix de revient d'une essence totale est très supérieur.
 
Conclusion :
Produire des huiles essentielles de qualité exige un travail rigoureux. Les végétaux utilisés pour la distillation doivent être indemnes de produits chimiques, pesticides et herbicides qui se retrouveraient concentrés dans le produit. Le végétal doit être propre et sain. C'est pourquoi les terroirs de récolte et de cultures doivent être choisis en dehors des grandes zones de pollutions industrielle et agricole. Les méthodes de l'agrobiologie sont idéales, par l'exclusion de tout emploi de produit chimique et la prescription de méthodes culturales préservant l'équilibre micro biologique des sols. Mais ce travail est long et fastidieux et nécessite une main-d’œuvre importante.
Les huiles essentielles idéales sont produites par entraînement à basse pression de vapeur d'eau ou par expression.
 

 
La distillation à la vapeur
Ce procédé remonte à l’Égypte pharaonique et au moyen de l’alambic met en œuvre les éléments air, eau et feu.
Sa mise au point définitive et toujours actuelle a été réalisée par le monde arabo-musulman au XVème siècle de l’ère chrétienne.
Suivant un protocole bien défini, un courant de vapeur traverse de bas en haut une cuve dans laquelle sont placées les plantes à distiller.
Cette cuve est encore appelée chaudron ou vase (2) avec ou sans bain-marie. Un panier dans lequel sont placés les végétaux à distiller s’encastre dans ce chaudron.
L’humidité et la chaleur font éclater les poches à essence des plantes et libèrent les huiles essentielles devenues volatiles sous l’effet conjugué de la pression, de la chaleur et de la vapeur d’eau.
Cette vapeur chargée d’huiles essentielles passe alors par un chapiteau (3) hermétiquement fixé sur la cuve (2). Cette vapeur chargée aboutit à une cuve de réfrigération. via un col de cygne (4) qui prolonge le chapiteau.
Cette cuve de réfrigération est constituée d’un serpentin (5) de refroidissement immergé dans l’eau froide (8) et raccordé au col de cygne. C’est le lieu où les huiles essentielles se condensent en même temps que la vapeur qui les a entraînée.
A l’extrémité du serpentin un essencier (6) recueille l’huile essentielle séparée de l’eau de plante du fait de la différence de densité. L’essencier est encore appelé vase florentin.
A la sortie de l’alambic on obtient donc deux liquides de densités différentes, les huiles essentielles et l’eau végétale de distillation.
 

ALAMBIC

1- Chaudière productrice de vapeur.
2- Cuve des plantes à distiller.
3- Chapiteau dans lequel passe la vapeur chargée d’huile essentielles.
4- Col de cygne.
5- Serpentin de refroidissement ou la vapeur d’huile essentielle se condense.
6- Essencier (vase florentin) autorisant la séparation de l’huile et de l’eau.
7- Sécurité qui laisse échapper la vapeur en cas de surpression.
8- Alimentation en eau froide.
Le système de production de vapeur peut être de l’eau mise à bouillir au fond de la cuve, bain-marie dont la vapeur est renvoyée sous le panier ou encore un générateur séparé de vapeur.
 
L’agent primordial de toute l’opération est la vapeur d’eau.
La vapeur d’eau permet aux huiles essentielles de passer de 1°) l’état liquide dans la plante à 2°) l’état gazeux puis de nouveau 3°) à l’état liquide.

La distillation, lente et complète, s’opère par entraînement à la vapeur d’eau sans détartrant chimique et a basse pression.
A basse pression
cela signifie de 0,1 a 0,2 Bar. Ceci évite la décomposition, la résinification et l’odeur de brûle du produit final.
Lente
, cela signifie que pour être complète le distillation ne doit pas être rapide afin d’obtenir tous les composants et même les plus lourds.
Précisions:
Expression a froid :
Distillation réservée aux écorces aromatiques des hespéridés (citron, orange, pamplemousse, mandarine, bergamote). L’écorce fraîche est grattée et on recueille alors l’essence contenue dans les petites poches de surface sur une éponge naturelle que l’on presse ensuite pour en extraire l’huile essentielle.
Extraction par solvants :
Utilisée ordinairement dans l’industrie du parfum et des arômes, car les solvants dérivés de l’industrie des hydrocarbures (méthanol, benzène, propane, hexane, etc.) permet d’obtenir des arômes délicats.
Cette méthode permet en effet d’extraire des principes odoriférants très volatils que ne peuvent capter la vapeur d’eau.
Le procédé est toutefois proscrit pour l’usage médical, car ces solvants laissent des traces dans le produit final rendu ainsi impropre à son utilisation en médecine naturelle. Ces traces entraînent éruptions cutanées, irritations et parfois allergies.
Ce type d’huiles essentielles est donc à éliminer pour les soins corporels.

Gérard Monsterleet

LA DISTILLATION
 

Liens :

Huiles essentielles - La distillation
Huiles essentielles - Les bains
Huiles essentielles - Les soins du visage
 

Accueil | PRÉSENTATION | PRATIQUE | STAGES | SOINS | E.MAIL


®, 2008 - Funcal - Gérard Monsterleet